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De Vertières à ce jour en passant par le Pont Rouge: Le double carcan de l’indemnité et de la dette (4 de 4)


Le 17 avril 1825, Haïti accepte de payer à la France une indemnité de 150 millions de francs pour la reconnaissance de son indépendance. Une somme astronomique qui représentait alors dix fois les revenus d’Haïti. En même temps, Haïti acceptait de réduire de 50% les droits de douane sur les produits français. Cette indemnité était pratiquement le double payé par les Etats-Unis pour l’achat du territoire de la Louisiane qui était 74 fois plus grand que celui d’Haïti. Cette dette sera allégée en 1838 à 90 millions de francs et ne sera complètement versée qu’un siècle plus tard. Haïti dût s’endetter auprès d’une banque privée française en contractant un autre emprunt de 30 millions de francs au taux d’intérêt de 6% pour payer le premier versement. Mais malgré cette double dette, les nations latino-américaines acquiescent aux pressions américaines et n’invitent pas Haïti à la conférence de Panama du 22 juin au 15 juillet 1826 en dépit de l’aide fournie par Haïti à Simon Bolivar qui fut l’organisateur de cette rencontre historique. Ostracisée pour avoir mis fin à la suprématie blanche dans le monde, Haïti a payé et paie encore un prix élevé.

Ce prix est d’autant plus élevé que les élites politiques n’ont pas compris leur rôle historique et ont tout fait pour simplement remplacer les Blancs en continuant le système d’exploitation coloniale par un esclavage déguisé. Ce que Rosalvo Bobo nommera en 1903 « l’esclavage du nègre par le nègre »[1]. Les élites politiques ont appuyé les intérêts étrangers au détriment de l’intérêt national. Dès 1820, les commerçants haïtiens avaient critiqué ce manque de civisme de l’État en écrivant : « le commerce a fleuri pendant quelques années, mais, par une déplorable fatalité, l’insuffisance des mesures législatives, ouvrant un champ illimité au commerce étranger, fit déborder dans nos places des objets de consommation qui, entrant en concurrence avec ceux du même genre manufacturés dans notre pays, ont tué notre industrie naissante[2].» via Tout Haiti

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