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Radiographie d’une dictature anti-nationale, le ‘’JEAN-CLAUDISME’’


À ma connaissance, aucune étude, aucun livre n’a jusqu’ici offert un éclairage analytique de premier plan sur les conditions, mécanismes et compromissions mis en œuvre au plan national et international pour le retour en Haïti du nazillon Jean-Claude Duvalier. Mieux : jusqu’à récemment, aucune étude, aucun livre n’avait abordé de front et fait un bilan multisectoriel de la dictature jean-claudiste. Or il est attesté que de 1971 à 1986, Jean-Claude Duvalier a contrôlé un réseau de forces de sécurité (l’armée, le SD-police politique, la milice des « Volontaires de la sécurité nationale », les tonton-macoutes), qui ont commis de graves violations des droits humains, en particulier des détentions arbitraires, des tortures, des disparitions forcées, des exécutions sommaires et des exils forcés.

Alors même que le sociologue Gérard Pierre-Charles, sur le « règne » de Duvalier père, avait dressé la « Radiographie d’une dictature – Haïti et Duvalier 5» –un livre de haute qualité, à la démarche analytique systématique, ce qui en fait un incontournable ouvrage de référence–, le jean-claudisme semble jusqu’ici avoir été couvert d’une chape de silence, de non-dits aux multiples accointances, de 1986 à 2013. La transition démocratique d’après 1986, dont les acquis républicains et constitutionnels sont connus mais qui demeure empêtrée dans des luttes claniques pour le pouvoir, cette transition torpillée sous les assauts meurtriers des FAd’H (Forces armées d’Haïti) et autres mercenaires assimilés, puis à travers la logomachie démagogique du populisme d’État, n’avait jusqu’à présent produit aucun ouvrage de référence traitant spécifiquement du jean-claudisme en tant que pouvoir d’État « kleptocrate », répressif, prédateur, piyajè et assassin.

Dans une Haïti encore largement et profondément duvaliérisée, tout semble donc s’être passé comme si un certain « laboratoire » spécialisé en anesthésie de la mémoire collective avait programmé l’oubli, l’amnésie généralisée à l’échelle du pays, la négation de la « kleptocratie duvaliériste » pour instiller dans l’inconscient collectif haïtien l’impunité, le kase fèy kouvri sa, la banalisation de la corruption, des crimes, disparitions, vols qui sont au coeur du terrorisme d’État duvaliériste. Celui-ci s’est constitué en UNE MACHINE DE DESTRUCTION MASSIVE DE LA CITOYENNETÉ dont les effets ont cours encore aujourd’hui dans tous les secteurs de la vie nationale. L’oubli et l’impunité étant de la sorte instillés dans le corps social haïtien, la tentative de réhabilitation de Jean-Claude Duvalier6 étant lancée dans l’espace public, y compris dans le journal Le Nouvelliste7 d’Haïti, le PUN (Parti de l’unité nationale, duvaliériste) peut, en 2013, en même temps que le populisme d’extrême-droite tèt kale, prêcher la « réconciliation nationale » tout en niant dans l’absolu le droit à la justice et à la réparation pour les victimes de la dictature des Duvalier père et fils. via Tout Haiti

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